Aller au contenu
STRATA ESG, accueil

Méthode

Logiciel VSME : sept questions à poser avant de choisir

Un client ou votre banque vous demande des données de durabilité selon la norme volontaire, et vous cherchez un outil pour y répondre.

Avant de comparer des démonstrations, posez sept questions à chaque éditeur, nous compris. Pour chacune, voici ce qu'une bonne réponse contient, et ce qui doit vous alerter.

Par Adama Diallo, s'ouvre dans un nouvel onglet, fondateur de STRATA ESGPublié le Vérifié le 9 min de lecture

Ce que la norme volontaire attend de vous

La Commission européenne a adopté le 3 juillet 2026 une norme d'application volontaire pour les entreprises hors du champ de la CSRD. Son objet affiché : les aider à répondre aux demandes des grandes entreprises et des établissements financierssource 2. Le texte a été publié au Journal officiel le 21 septembre 2026 et il est en vigueur. Il s'appuie sur la norme VSME issue d'une recommandation de 2025, qui ne produit plus d'effets juridiquessource 1.

La norme compte deux modules. Le module de base (rubriques B1 à B11) est le minimum : énergie et émissions, eau, déchets, personnel, sécurité, corruption. Le module complet (C1 à C9) ajoute les points que banques, investisseurs et clients sont susceptibles de demander en plus. Les entreprises de 10 salariés ou moins ont certains points en option. Aucun avis d'assurance n'est exigésource 1.

Un point compte pour le choix d'un outil. Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, la norme sert de plafond : un client soumis à la CSRD ne peut pas exiger d'un partenaire de sa chaîne de valeur employant en moyenne 1 000 salariés au plus des informations au-delà de la liste fixée à l'annexe II, pour les besoins de son propre rapport. Ce plafond ne vaut que pour ce motif-làsource 1.

Exemple. Une PME de 80 salariés reçoit en octobre le questionnaire d'un donneur d'ordre et, le même mois, une demande de sa banque. Les deux portent en partie sur les mêmes chiffres. L'outil qu'elle choisit doit lui permettre d'y répondre une fois, avec les mêmes pièces, et de le refaire l'an prochain.

La pièce justificative reste-t-elle attachée à chaque chiffre ?

C'est la question qui trie le plus vite. Un tableau de valeurs saisies à la main ne prouve rien. Ce que votre client ou votre banque finira par demander, c'est d'où vient le chiffre.

  • Chaque valeur est rattachée à une pièce : facture, relevé, registre, attestation. La date de dépôt et l'auteur sont conservés.
  • Le destinataire peut consulter la pièce sans créer de compte, par un accès limité dans le temps, que vous pouvez couper.
  • Vous pouvez montrer un extrait d'un document sans remettre le document entier.
  • Une attestation qui expire est signalée, au lieu de rester affichée comme valable.

Exemple. Votre consommation d'électricité de l'exercice, en MWh, répond à la rubrique B3. Une bonne réponse de l'éditeur vous montre, sur la ligne de ce chiffre, les factures qui le fondent. Une réponse qui vous alerte : « vous pouvez joindre des documents dans un dossier partagé ».

Le calcul se rejoue-t-il à l'identique sur un exercice clos ?

À partir de la deuxième année, la norme demande de publier les chiffres de l'année précédente à côté de ceux de l'année en courssource 1. Si votre outil recalcule l'an dernier avec la méthode du jour, vous obtenez un autre chiffre que celui que vous avez déjà envoyé.

  • Chaque méthode et chaque facteur d'émission portent une version et une date d'entrée en vigueur.
  • Un exercice clos se rejoue avec la méthode et les facteurs d'alors, et redonne le chiffre publié.
  • Une correction sur un exercice clos crée une nouvelle version datée, avec son motif, sans effacer l'ancienne.
  • Ce qui ne peut pas être reconstitué est listé, avec la raison, au lieu d'être comblé par une estimation.

Exemple. Un facteur d'émission de l'électricité est révisé après l'envoi de vos chiffres. Votre client vous demande pourquoi votre empreinte carbone de l'an dernier a changé. Avec un calcul versionné, vous lui montrez les deux versions et la date du changement.

L'outil répond-il au fichier du client dans son format d'origine ?

Beaucoup de demandes arrivent sous la forme d'un classeur conçu par le service achats du client. Il le dépouille avec ses propres outils. Si vous lui renvoyez un rapport dans un autre format, c'est lui qui ressaisit, et il s'en souvient.

  • Le classeur reçu repart complété avec ses onglets, ses cellules, ses formules et sa mise en forme.
  • Chaque réponse renvoie à la donnée et à la pièce qui la fondent.
  • Une question sans donnée reste vide et apparaît comme un manque, plutôt que d'être remplie par une moyenne sectorielle.
  • Vous relisez chaque ligne avant l'envoi, et les réponses validées une année se retrouvent l'année suivante.

Exemple. Un questionnaire de 180 lignes mélange des points du module de base, des questions commerciales et des clauses de contrat. Un bon outil vous fait voir ligne par ligne ce que vous affirmez et sur quoi cela repose. Le tri entre ce qui est dû et ce qui se négocie reste une décision à vous.

La même donnée sert-elle plusieurs référentiels sans ressaisie ?

Votre client vous interroge selon la norme volontaire, votre banque selon sa grille, une plateforme d'évaluation selon la sienne. Si chaque demande ouvre une nouvelle saisie, vous finirez avec deux valeurs pour la même grandeur. C'est la première incohérence qu'un lecteur attentif repère.

  • Chaque grandeur est stockée une seule fois, avec sa période, son périmètre, son unité et sa pièce.
  • Les sorties lisent cette valeur au moment où elles sont produites, sans en garder de copie.
  • Avant une modification, l'outil vous montre ce qu'elle change ailleurs, y compris dans ce qui est déjà parti.
  • L'éditeur nomme les référentiels réellement en production, et ne vous donne pas un taux de couverture générique.

Les prix sont-ils publiés, et que coûte la deuxième année ?

Un prix sur devis n'est pas un défaut en soi. Mais une PME qui compare doit pouvoir lire, sans rendez-vous, ce qu'elle paiera et sur quelle durée.

  • Le prix est affiché, avec sa périodicité (paiement unique, mois, année) et la mention hors taxes ou toutes taxes comprises.
  • L'engagement et les conditions d'arrêt sont écrits.
  • Le coût du deuxième exercice est connu : renouvellement, rachat, ou abonnement qui continue.
  • L'historique de la première année reste accessible la deuxième, puisque la norme vous demande les chiffres de l'année précédente.

Exemple. Faites le calcul sur deux exercices, pas sur un. Une offre peu chère la première année peut obliger à tout reprendre la seconde si l'historique n'est pas conservé.

Où sont les données, qui les voit, comment repartir avec tout ?

Vous allez déposer des factures, des données sur votre personnel, parfois des éléments de paie. La question n'est pas seulement « où », c'est « qui voit quoi ».

  • Le lieu de stockage est indiqué région par région, pour l'application, la base et les pièces.
  • La liste des sous-traitants est publiée, avec ce que chacun voit, et celui qui accède au contenu de vos pièces est identifié.
  • La sortie est décrite par écrit : valeurs, pièces et historique des versions, dans un format que vous pouvez relire sans l'outil.
  • La durée de conservation après la fin du contrat est fixée.

Le module VSME est-il distinct d'un module CSRD complet ?

La norme volontaire couvre les mêmes thèmes que les ESRS, mais de façon proportionnée, et elle n'impose aucune obligation légale de publicationsource 1. Un outil pensé d'abord pour la CSRD peut vous faire parcourir des écrans et payer des fonctions dont vous n'avez pas l'usage.

  • Vous pouvez travailler le module de base seul, puis ajouter le module complet si un client ou la banque le demande.
  • Les options prévues pour les entreprises de 10 salariés ou moins sont reconnues.
  • L'éditeur dit clairement si le prix inclut la CSRD, et si une offre limitée à la norme volontaire existe.

Ce que nous répondons nous-mêmes à cette grille

Nous éditons ESG Optimizer. Voici nos réponses, chacune avec la page qui la décrit. D'autres outils peuvent répondre aussi bien : posez-leur les mêmes questions.

Ce que vous pouvez faire lundi

  1. Relisez la demande reçue : qui la fait, et à quel titre. Un client soumis à la CSRD pour son rapport, une banque, un appel d'offres : ce n'est pas la même chose.
  2. Listez les chiffres que vous savez déjà justifier par une pièce, et ceux que vous ne savez pas produire.
  3. Envoyez cette grille par écrit à deux ou trois éditeurs, et demandez pour chaque réponse la page ou le document qui la prouve.
  4. Comparez les réponses écrites, pas les démonstrations.

Sources

  1. Source 1 : Règlement délégué (UE) 2026/1560 de la Commission du 3 juillet 2026 établissant des normes d'information en matière de durabilité d'application volontaire, JO L du 21 septembre 2026, s'ouvre dans un nouvel ongletEUR-Lex, Office des publications de l'Union européenne, consulté le
  2. Source 2 : La Commission adopte des normes révisées d'information en matière de durabilité, communiqué du 3 juillet 2026, s'ouvre dans un nouvel ongletCommission européenne, direction générale de la stabilité financière, consulté le

Vérifié le 23 octobre 2026

Cet article est revu quand un texte change.

Chaque affirmation datée ou chiffrée renvoie à sa source, consultée à la date indiquée. Quand l'un de ces textes est modifié, l'article est relu contre la nouvelle version et sa date de vérification avance.